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Le slow design prend de la vitesse
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Le slow design prend de la vitesse

Inspiré du mouvement slow food qui s’élève contre la restauration rapide pour privilégier la lenteur et le retour des produits locaux, le slow design favorise le travail des artistes et artisans tout en changeant notre vision du temps.

Par Nathalie Rivard / photos : Iwan Baan (High Line)

Créé au début des années 2000 par Alistair Fuad-Luke, auteur du livre The Eco-Design Handbook, le slow design est avant tout une approche adoptée par des designers pour réfléchir à notre relation avec le temps et la technologie, tout en tenant compte du développement durable et de notre impact sur l’environnement. Chaque projet ou produit qui embrasse la philosophie du slow design doit tenir compte du bien-être des individus, de la société et de l’environnement. Autrement dit, ce concept s’oppose à l’idée de rapidité et de production de masse liée à l’industrialisation.

Selon Carolyn Strauss, architecte et fondatrice du slowLab, qui a défini les principes du slow design avec Fuad-Luke : « On a tendance à associer le slow design à des produits, mais en fait, c’est plus une philosophie de laquelle émergent à l’occasion des produits. Le plus souvent, il en découle des expériences qui nous aident à mieux comprendre notre propre vie et le monde qui nous entoure. »

 

LE SLOWLAB

C’est quoi
Un groupe de recherche émergent basé à New York et composé de plusieurs centaines de designers, urbanistes, architectes et intervenants de partout dans le monde.

Sa mission
Partager des idées et des ressources, collaborer sur des projets qui ont un impact positif sur les indi­vidus, les communautés et la planète.

Sa mascotte
Un paresseux, le mammifère le plus lent de la planète, qui représente bien le mouvement par sa non-compétiti­vité, sa capacité à s’adapter, à coopérer et à vivre en harmonie avec son environnement. 

Pour en savoir plus slowlab.net

 

Des produits issus du slow design 

Les objets « slow » sont uniques ou offerts en édition limitée ; ils sont le plus souvent faits à la main.

La Sasa Clock de l’Islandaise Thorunn Arnadottir est un méca­nisme basé sur un concept africain du temps, sasa voulant dire « mainte­nant » en kiswahili, et servant à mesurer ce dernier. Il est fait d’un collier de billes posé sur une roue dentelée, de laquelle tombe une bille toutes les cinq minutes. Vous pouvez aussi porter le collier autour du cou. 


Le projet Réanim de 5.5 designers, un collectif de quatre créateurs français qui recyclent les objets du quotidien, est destiné à concevoir des pansements pour mobilier. Des sièges et des pattes en plastique redonnent vie à des meubles endommagés.

La 365 Knitting Clock de l’artiste Siren Elise Wilhelmson est un dispositif qui tricote un foulard, à raison d’un rang par jour. Après un an, vous avez un foulard de deux mètres prêt à être porté.

INSPIRÉ DU SLOW DESIGN
Un loft au cœur de Brooklyn

Un loft en mode slow
Grégoire Abrial a eu l’idée de transformer son loft selon les principes du slow design car, malgré ses moyens limités, il voulait se construire un chez-soi à New York. « Les loyers étant très chers et le fait d’avoir tout laissé derrière moi en France me donnait peu de latitude. J’ai acheté un appartement au-dessus de mes moyens, alors il ne me restait plus d’argent pour le meubler. »

Il a donc entrepris de récupérer dans la rue des meubles, des chaises, des planches, etc. « J’ai aussi demandé aux voisins de me donner des objets dont ils ne se servaient plus et qui auraient fini à la poubelle. Je les ai transformés en leur donnant une deuxième vie. Chaque objet rapporté au loft est chargé d’une vie passée et porte en lui une histoire, par son usure et sa patine. Il n’est donc pas juste sorti de l’usine. J’aime l’énergie et la vie qui se dégage de ces objets. »

L’attraction principale du loft est sa vue incroyable sur New York, dont le designer voulait profiter au maximum. « J’ai construit une chambre sur pilotis. Un genre de cocon, avec une fenêtre pour voir la cité, mais qui me permettait aussi de me retirer au calme au moment de dormir, en m’isolant du ronronnement de la ville. » Une balançoire est aussi installée devant une fenêtre, un espace où « je m’assois, café à la main, pour rêver comme quand j’étais enfant. »

Monde Ruelle 
Donner une voix aux éco-créateurs d’ici

Marie-Claude Parenteau-Lebœuf est l’une des fondatrices de Monde Ruelle, un orga­nisme représentant plus d’une quarantaine de créateurs locaux. « Monde Ruelle veut faire comprendre aux consommateurs et détaillants qu’ils ne seront pas 100 000 à avoir le même produit, peut-être 100 ou seulement 20 ! Et que les quantités livrables ne se font pas au rythme d’une chaîne de production », explique-t-elle.


Galerie CO + Zone Orange 
Deux boutiques inspirées du slow design

À Montréal, Galerie CO et Zone Orange sont des croisements entre une boutique et une galerie d’art, mais aussi de belles vitrines pour le slow design. On y trouve des produits d’artisans d’ici, dans le cas de Zone Orange, mais aussi d’ailleurs, à la Galerie CO. Ces boutiques ont pour principes de base le respect de l’environnement et la rentabilité pour les artisans.

Urbanisme réinventé 
Giovanna Borasi, conservatrice au Centre canadien d’architecture (CCA), explique que plusieurs projets urbains, qui n’ont pas vraiment été pensés en terme d’esthétisme, intègrent les principes du slow design. Le High Line de New York, sur lequel on se balade pour le plaisir de regarder des paysages urbains, en est un bel exemple.

 



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